« Après une enfance et une adolescence très heureuses à la campagne, sur la côte sud de l’Irlande, je suis entré au noviciat des Espirites en septembre 1966. » C’est ainsi que commence une histoire missionnaire qui allait mener John Kingston, un Irlandais, en Angola, à Rome, à Dublin et au Mozambique, pays où il se trouve actuellement.
Mission « martyre » en Angola
Il raconte : « Trois jours avant mon ordination sacerdotale (le 13 juin 1976), j’ai reçu ma nomination missionnaire. J’allais faire partie d’une équipe internationale de jeunes Spiritains en Angola, un pays devenu indépendant l’année précédente et déjà en proie à une guerre civile brutale. » L’Angola a été son premier amour et c’est là qu’il a le plus versé son sang. Le jour de la Pentecôte 1985, dans la région de Malanje, la voiture que je conduisais est tombée dans une embuscade : « Le père Jean Étienne (français) est mort sur le coup. Moi, gravement blessé, j’ai été emmené par les rebelles dans la brousse où j’ai marché 10 jours avec eux avant d’être libéré et remis à la population. Il m’a fallu quelques mois pour me remettre ». Mais la flamme missionnaire ne l’a pas quitté et, contre vents et marées, après un séjour en Irlande, il est retourné en Angola, où il a été nommé pour travailler à la formation spiritan à Huambo. C’est là que je l’ai rencontré en 1990…
À propos de cette période difficile à Huambo, le père John raconte : « La guerre continuait à affecter fortement la vie des gens. C’était un privilège d’accompagner des jeunes qui voulaient devenir missionnaires et de les voir grandir dans la connaissance et la fidélité. »
Francisco Viti, archevêque de Huambo, a nommé le père John vicaire épiscopal pour les religieux. Mais le moment le plus marquant de sa mission à Huambo l’attendait encore : « Ma mission s’est terminée avec la visite du pape Jean-Paul II en 1992 »… car cette année-là, il allait être nommé maître des novices des Spiritains en Europe, un noviciat international situé à Dublin. Il y est resté jusqu’en 2000, année jubilaire qui marque un autre grand changement dans son parcours missionnaire : il a été nommé au Mozambique !

Du Mozambique à Rome
Le père John avoue que son souhait le plus cher était de retourner en Angola, mais le Supérieur général lui a demandé d’aller renforcer le groupe du Mozambique, très jeune, qui avait besoin d’un confrère plus expérimenté. Il a accepté, a fait ses valises et est parti pour Chimoio, à la frontière avec le Zimbabwe. Il explique : « La paroisse-mission d’Inhazónia était très vaste géographiquement, englobant quatre districts : Báruè, Macossa, Guro et Tambara. J’y ai passé quatre années très intéressantes, avec plein de défis, plusieurs langues, de grandes distances, une grande diversité de populations, et des chapelles qui avaient besoin d’être reconstruites. »
Mais l’avenir appartient à Dieu. Il a été invité à être traducteur lors du Chapitre général qui s’est tenu à Torre d’Aguilha (Cascais) et a été élu Conseiller général. Il s’est donc installé à Rome, où il a exercé cette nouvelle mission, à l’échelle mondiale, de 2004 à 2012.
Il avoue : « Ces huit années, qui au début me semblaient interminables, ont filé à toute allure. L’une des choses que j’ai remarquées lors de mes nombreuses visites à travers le monde, c’est que les Spiritains travaillent dur et sont, en général, proches des gens et accessibles. Ça a été une autre expérience formidable. »
Dès la fin de son mandat à Rome, il est rentré au Mozambique en 2013 : « Je suis retourné à Inhazónia, où je suis resté jusqu’à aujourd’hui. »
Jubilé d’or
Ses 50 ans de sacerdoce ont été fêtés sur trois fronts. Tout a commencé en Irlande, son pays natal, avec les prêtres qui avaient été ordonnés le même jour. Ensuite, il s’est rendu à sa mission d’Inhazónia où les gens avaient préparé une grande fête. Enfin, l’Assemblée des Spiritains au Mozambique, réunie au séminaire Saint-Augustin à Matola, l’a surpris avec une messe solennelle où il a pu raconter sa longue histoire missionnaire.
Il aurait aimé – a-t-il avoué – célébrer aussi en Angola et à Rome, là où sa mission a marqué des pages importantes de sa vie missionnaire. Malgré son âge et les traces que la guerre a laissées sur son dos, il reste fort et déterminé à se donner à fond jusqu’au bout.
Tony Neves, à Matola – Mozambique
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