La vie de nos prédécesseurs Spiritains reste un modèle pour nous : elle nous montre sans cesse vers quoi tourner notre regard — vers le Christ. Leur vie, offerte dans un don total de soi, continue de nous interpeller aujourd’hui encore, en nous invitant à notre tour à offrir librement notre propre vie au service de la mission du Christ.
Continuons donc, avec confiance et persévérance, à prier pour que Dieu notre Père accorde à nos confrères défunts, qui l’ont servi avec tant d’abnégation et de fidélité, la grâce de la canonisation. Et que l’Église, par leur intercession, continue de grandir et de témoigner de l’Évangile avec une foi plus vivante, une espérance plus ferme et une charité toujours plus ardente.
Le chemin vers la canonisation
La canonisation n’est que la dernière étape d’un parcours qui en suppose plusieurs autres : pour qu’un candidat devienne officiellement saint, il doit d’abord être déclaré « Serviteur de Dieu », puis « Vénérable », puis « Bienheureux ». Le point de départ pour ouvrir une cause, c’est la réputation de sainteté d’une personne — c’est-à-dire l’opinion générale selon laquelle sa vie était droite et riche en vertus chrétiennes. Cette réputation doit perdurer et se renforcer. Ceux qui ont connu la personne parlent du caractère exemplaire de sa vie, de son influence positive, de sa fécondité apostolique et de sa mort édifiante.

Le Serviteur de Dieu, le Père Claude François Poullart des Places
Dans l’Église, le titre de Serviteur de Dieu est donné à tout fidèle catholique dont la cause de béatification et de canonisation a été officiellement ouverte. C’est le cas du Père Claude François Poullart des Places.
L’enquête diocésaine à Paris s’est achevée en 2008 et a abouti à la reconnaissance des vertus du Serviteur de Dieu. La cause a ensuite été transmise à Rome. En juin 2023, la Positio – le dossier complet qui présente tous les éléments attestant de sa sainteté – a été remise au Dicastère pour les Causes des Saints.
En août 2023, la Commission historique du Dicastère a étudié la Positio et a communiqué les résultats de son analyse. Puis, en octobre 2023, elle a émis plusieurs recommandations, demandant que certaines précisions et certains détails soient ajoutés au dossier.
Depuis, on s’est attelé à intégrer ces remarques : corrections, ajouts et vérifications. Des recherches approfondies ont été menées dans les archives de la Congrégation, celles des Jésuites à Rome, de la Propaganda Fide, des Montfortains, ainsi que dans les archives de Paris, pour répondre avec précision aux demandes de la Commission historique.

Le vénérable père François Marie Paul Libermann
Avant d’être proclamé saint, un fidèle catholique est d’abord reconnu comme Serviteur de Dieu, puis comme Vénérable, et enfin comme Bienheureux. Le 1er juin 1876, le pape Pie IX a signé le décret ouvrant la cause de béatification du père François Libermann. Par cet acte, l’Église a officiellement reconnu ses vertus héroïques et lui a conféré le titre de Vénérable.
Depuis lors, de nombreuses grâces ont été attribuées à son intercession. Cependant, aucune guérison n’a encore été acceptée comme miracle, condition nécessaire pour qu’il soit proclamé Bienheureux.
C’est pourquoi il revient à tous les Spiritains de continuer à prier avec ferveur, de l’invoquer et d’encourager les autres à l’invoquer, afin d’obtenir du Seigneur — par le Saint-Esprit et par le Cœur Immaculé de Marie — les grâces dont l’humanité a tant besoin. Il ne manque qu’un seul miracle pour que Libermann passe du statut de Vénérable à celui de Bienheureux, qu’il soit mieux connu et qu’il soit encore plus invoqué dans toute l’Église.

Le bienheureux père Daniel Brottier
La béatification, c’est l’étape intermédiaire sur le chemin de la canonisation. Quand un fidèle catholique est reconnu comme martyr, il peut être déclaré bienheureux sans qu’un miracle soit nécessaire. Dans les autres cas, l’Église demande qu’un miracle attribué à son intercession soit authentifié. Ce miracle, c’est le plus souvent une guérison que la science ne peut pas expliquer. Une commission médicale — convoquée par le Dicastère pour les Causes des Saints et composée de spécialistes, croyants ou non — examine alors le cas avec le plus grand soin. Pour être reconnu, le miracle doit concerner une guérison complète, durable et, dans de nombreux cas, rapide.
En ce qui concerne le bienheureux père Daniel Brottier, une enquête diocésaine touche à sa fin dans le diocèse de Luçon, en France. Les informations recueillies suggèrent l’intervention du Bienheureux, mais la guérison examinée n’a pas été reconnue comme miraculeuse selon les critères requis.
Il est aussi important de noter que la réputation de sainteté du Bienheureux Père Daniel Brottier continue de grandir, surtout en Argentine, où sa figure spirituelle touche un nombre croissant de fidèles.

Le bienheureux père Jacques Désiré Laval
La cause de béatification et de canonisation concerne un fidèle catholique qui, durant sa vie, au moment de sa mort et après sa mort, a joui d’une réputation de sainteté, de martyre ou d’offrande de sa vie. Pour qu’une cause soit ouverte, la personne doit donc jouir d’une véritable réputation de sainteté : l’opinion publique reconnaît que sa vie était droite, exemplaire et marquée par les vertus chrétiennes. Cette réputation doit non seulement perdurer, mais souvent s’accroître. Ceux qui ont connu la personne témoignent du caractère exemplaire de sa vie, de son influence spirituelle, de sa fécondité apostolique et, parfois, de la manière édifiante dont il est mort.
En ce qui concerne le bienheureux père Jacques Désiré Laval, une guérison « miraculeuse » d’un enfant ayant subi un grave traumatisme crânien avait été envisagée, mais divers avis médicaux sont actuellement consultés, chacun affirmant désormais qu’il existe des explications scientifiques à cette guérison. Elle ne peut donc pas être acceptée comme un miracle. Remarquons que pour qu’une guérison soit considérée comme une guérison miraculeuse ou un miracle, il ne doit y avoir aucune explication scientifique à cette guérison. Il nous faut ainsi continuer à rechercher des témoignages de guérisons miraculeuses. Il faudra évaluer ces guérisons pour voir si nous pouvons les attribuer aux prières dites par l’intercession du bienheureux père Laval.

Le Serviteur de Dieu Mgr Joseph Shanahan
Quand une cause de béatification est ouverte, un postulateur spécialement désigné rassemble les documents et les témoignages nécessaires pour retracer la vie et la sainteté du candidat. La première phase commence officiellement dans le diocèse : à ce stade, le fidèle est reconnu comme Serviteur de Dieu.
Cette étape vise avant tout à vérifier le caractère héroïque des vertus, c’est-à-dire la capacité habituelle à faire le bien avec fermeté, constance et sans hésitation. Il s’agit de démontrer que le candidat a pratiqué les vertus chrétiennes à un degré exceptionnel, au-delà de l’ordinaire. Dans d’autres cas, l’enquête se concentre sur les circonstances du martyre ou du don de sa vie. La reconstitution de la vie du Serviteur de Dieu s’appuie sur deux sources complémentaires : les témoignages oraux de ceux qui l’ont connu et peuvent rapporter des faits, des paroles et des événements précis ; les documents et écrits le concernant, qui permettent d’établir la vérité historique.
Pour le Serviteur de Dieu Mgr Joseph Shanahan, la phase diocésaine est en cours à Onitsha, au Nigeria. Les documents le concernant sont nombreux : ils sont actuellement rassemblés et numérotés selon les normes du Dicastère pour les Causes des Saints. Certains se trouvent à Dublin, en Irlande, chez les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame du Saint-Rosaire, tandis que d’autres sont conservés à Onitsha.
Une fois tous les documents rassemblés et classés, ils seront envoyés au Dicastère pour les Causes des Saints à Rome. Ça marquera le début de la phase romaine de la cause, une étape décisive vers la reconnaissance des vertus héroïques de Mgr Shanahan.
D’autres missionnaires Spiritains en voie de canonisation : le Serviteur de Dieu Mgr Jan (Jean) Kolbe, C.S.Sp. (1895–1974), évêque missionnaire Spiritain en Angola, et le Serviteur de Dieu le Père Simon Mpecke, C.S.Sp. (1906–1975), surnommé « Baba Simon », Mgr Aloys Kobès, C.S.Sp. (1820–1872), évêque Spiritain au Sénégal et fondateur des Sœurs de l’Immaculée Conception de Castres (branche sénégalaise), le Serviteur de Dieu le père Daniel Sorin, C.S.Sp. (1912–1964), missionnaire Spiritain au Sénégal.

Fr. Maximil Tambyapin, CSSp
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